• la surconsommation de saoudiens de l'eau ...????

    L'Arabie Saoudite exploite massivement ses ressources souterraines en eau, pour développer une agriculture inadaptée à l'origine d'un formidable gâchis. L'épuisement rapide de ses aquifères risque d'entraîner une sécheresse majeure dans le pays dans les prochaines années, avertit un ancien ministre de l'Agriculture saoudien.
    L'ancien vice-ministre saoudien de l'Agriculture Ali al-Takhees a lancé l'alerte : "L'Arabie saoudite risque de subir une catastrophe si les pratiques agricoles ne changent pas. Il est impératif de préserver les eaux souterraines.

    L'Arabie Saoudite est un vaste pays (plus de deux millions de kilomètres carrés) dont la population s'élève à plus de 30 millions de personnes, mais qui est en grande partie désertique. Avec moins de 60 mm de pluie par an (contre 550 mm en France), les ressources en eau douce y sont fragiles et non renouvelables car issues presque totalement des réserves souterraines. Il y a très peu de rivières et lacs en Arabie Saoudite.
    Du coup, la disponibilité en eau renouvelable du pays est inférieure à 500 m3 par personne et par an : une situation de stress hydrique (WBCSD Water and Sustainable Development).
    Selon le Water Footprint Network, l'Arabie Saoudite a une empreinte en eau de 5 100 litres par personne et par jour (66 % sont importés), c'est supérieur à la France (4 900 litres dont 47% importés). Cet indicateur permet de mesurer les besoins en eau d'une population pour s'hydrater bien sûr, mais aussi pour l'agriculture, pour produire des biens, de l'énergie...

    Or l'Arabie Saoudite gâche ses réserves d'eau dans des projets non soutenables, notamment agricoles, accuse Ali al-Takhees qui prévoit une "catastrophe si les pratiques agricoles ne changent pas". En effet, les réserves en eau souterraine diminuent à un rythme alarmant : 40 % de l'eau gâchée provient du sous-sol. Ali al-Takhees prévoit ainsi une sécheresse majeure dans 30 ans si rien ne change.

    Selon Abdullah al-Misnad, professeur en climatologie, la crise de l'eau est en grande partie issue de la décision d'introduire massivement la culture du blé en 1983. Si, le gouvernement a finalement interdit la culture du blé, des prairies sont maintenant cultivées pour produire du foin destiné à l'alimentation animale, un nouveau gâchis alors que les cultures à destination des Hommes sont bien plus efficaces pour se nourrir.
    De plus, les cultures d'oliviers et de palmiers dattiers utilisent de grandes quantités d'eaux souterraines. Au total, 88% de l'eau consommée dans le pays est dédiée à l'agriculture (AQUASTAT).

    Au final, alors qu'un français consomme directement environ 150 litres d'eau par jour, un saoudien atteint 265 litres, c'est deux fois plus que la moyenne européenne !
    En quelques décennies, les réserves d'eau dans les régions centrales de l'Arabie saoudite se sont transformées en sablonnières et les réserves à l'est suivent le même chemin... Selon l'ex-ministre, les aquifères superficiels ne peuvent se recharger qu'avec l'apport des précipitations, et ne peuvent plus compter sur les nappes d'eau profondes, qui ont été vidées.
    Selon Radwan al-Weshah, un expert international de l'eau et ancien directeur de l'eau au programme de l'Unesco pour la région arabe, le golfe Persique et en particulier l'Arabie saoudite, "souffre d'une crise de l'eau les plus complexes au monde".

    Pour faire face à cette menace, la monarchie absolue islamique a commencé à taxer l'approvisionnement en eau des habitants, alors que les revenus du pétrole baissent significativement.
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