• L’accès aux services d’eau, d’hygiène, et d’assainissement

    L’accès aux services d’eau, d’hygiène, et d’assainissement demeure précaire sur le continent africain. En effet, selon le rapport 2013 du programme conjoint de suivi de l’approvisionnement en eau et assainissement en Afrique (UNICEF/OMS) le taux de couverture en assainissement en Afrique Subsaharienne, est inférieur à 50%. Il est en dessous de la barre de 5% pour ce qui concerne la couverture en point d’eau.
     C’est une situation qui est dommageable à l’ensemble de la communauté, et particulièrement aux femmes qui payent le plus lourd tribut, elles qui supportent jusqu’à 72%, la charge de la collecte de l’eau domestique. Une des solutions pour remédier à cette situation est une meilleure gestion des connaissances et un partage approprié des informations (leçons apprises, etc.) sur le secteur qui s’appuie sur des outils concrets pour améliorer l’opérationnalité des acteurs du secteur. Les arbres à palabre, fora, voyages d’étude, conférences, bibliothèques, ateliers et autres, sont autant de moyens d’échanges et de partages qui ont été, et qui reste encore de nos jours, des lieux et des outils de dissémination de bonnes pratiques. Certes, à l’échelle du continent, la gestion des connaissances et le partage de l’information se heurtent à des difficultés majeures qui ont pour nom, notamment: L’hétérogénéité des langues (l’Afrique compte pas moins de 15 différentes langues officielles), la cherté et l’insuffisance des sessions de formation, le faible intérêt accordé au volet de gestion des connaissances et partage des informations, ou encore l’absence de plateformes spécialisées dans ces domaines. Heureusement, ces insuffisances ne constituent pas une fatalité car des remèdes existent. Ils exigent une volonté avérée de rendre disponible les expériences, les techniques, les rapports, et tout autre support d’informations et de connaissances. Cela demande, également, qu’un plaidoyer soit fait auprès des gouvernements africains et des partenaires techniques et financiers en faveur de financements pour une meilleure gestion des connaissances et de partage des informations.

     Enfin, la qualité des outils de dissémination (internet, magazines, etc.) doit être améliorée. Des organisations régionale, telles que l’Association Africaine de l’Eau, devraient aussi jouer un rôle important dans ce processus. A travers elles, le secteur en Afrique pourrait se développer en bénéficiant d’une meilleure intégration de la composante gestion des connaissances et partage de l’information ainsi que la disponibilité d’une infrastructure de dissémination de qualité et appropriée. Il n’est plus nécessaire de démontrer l’importance et le rôle des connaissances et de l’information dans le développement du secteur. L’Age de l’Information est là et nous devons nous positionner et positionner le secteur pour en tirer profit afin de servir les besoins d’une population Africaine aussi diverse que grandissante.

    Dr. Lakhdar BOUKERROU Directeur Régional -USAID WA-WASH, Professeur Associé de recherches, Co-Directeur du Groupe International sur l’eau à Florida International University (FIU)
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