• le contrôle de l'eau potable en France

    L’eau du robinet est-elle appréciée ? Son goût peut-il être amélioré ? C’est ce que tente de déterminer Nantes métropole, gestionnaire de l’eau potable distribuée pour 85 % de la consommation métropolitaine. La collectivité sollicite régulièrement l’avis des habitants via des questionnaires. Mais depuis septembre, elle a renforcé sa démarche en créant un « observatoire du goût de l’eau » proposant un test original.
    Chaque trimestre, dix habitants sont réunis pour goûter des échantillons d’eau prélevés à différents points de l’agglomération. On les équipe de plusieurs capteurs (aux doigts, à la poitrine, à la clavicule, à la cheville) et leurs réactions physiologiques, au moment où ils avalent le breuvage, sont mesurées puis analysées.

    « On ne peut pas se contenter des questionnaires »

    « Le corps va réagir à la saveur gustative en exprimant un certain nombre de réactions imperceptibles. Les capteurs vont s’en rendre compte, comme un détecteur de mensonges, » explique Gwénaëlle Haese, ingénieure au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui supervise l’expérience. « Ces tests sont importants car on ne peut pas se contenter des retours de questionnaires, poursuit la scientifique. Souvent, les gens ont des difficultés à expliquer pourquoi ils ont aimé une eau plutôt qu’une autre ».
    L’objectif à court terme pour Nantes métropole est de vérifier que l’important chantier de modernisation en cours de l'usine d'eau potable, située à Malakoff, n’altère pas le goût. A plus long terme, le but est de « réussir à définir une saveur référence qui soit appréciée par le plus grand nombre », explique Amélie Germain, chargée de la relation à l’usager au sein de la direction du cycle de l’eau.

    « Bien pour une eau du robinet »

    A la lecture des premiers résultats, l’eau nantaise semble « plutôt appréciée ». « Ses notes sont neutres, ce qui est bien pour une eau du robinet, confie Gwénaëlle Haese. Sur certains prélèvements un peu plus chlorés, par exemple, on voit bien que les réactions sont plus négatives. » « Je la trouve très bonne, chez moi, je ne bois que ça », confie Thomas, 28 ans, qui, comme d’autres Nantais, a eu l’occasion de faire le test sensoriel (avec capteurs) lors de l’événement « Complètement Nantes ». « Elle n’a pas de goût particulier, donc ça me va. Ce n’est pas le cas dans toutes les régions », réagit Clotilde.
    « Le goût est lié au traitement qu’on y apporte mais aussi au lieu de pompage, explique Amélie Germain. A Nantes, on ne puise pas dans une nappe phréatique mais dans la Loire, l’eau est extrêmement diluée. Le goût est aussi une question d’habitude. C’est aussi pour cela que les gens buvant principalement de l’eau minérale trouvent parfois l’eau du robinet "moins bonne". »
    Conseil pour atténuer le goût de chlore, principal reproche adressé à l’eau du robinet : placer la carafe quelques minutes au réfrigérateur. N’oubliez pas non plus de bien nettoyer les récipients afin d’éliminer les résidus calcaires.

    Et la qualité alors?

    Entre son pompage en Loire et sa sortie au robinet, l’eau nantaise subit une purification à l’ozone, au charbon actif, aux UV et au chlore. Très surveillée, la qualité de l’eau est contrôlée à plusieurs étapes, en permanence. «Elle doit respecter des normes de plus en plus exigeantes et tenir compte du principe de précaution. De plus, tous les résultats de mesures sont publiés», affirme Denis Guilbert, directeur du cycle de l’eau à Nantes métropole.
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