• le futur de l'arabe saoudite sans eau...?

    L’Arabie est donc de plus en plus en situation de "stress hydrique". Et le royaume l’est d’autant plus que la demande d’eau - denrée déjà rare - ne fait qu’augmenter avec la croissance démographique d’un pays qui approche les 30 millions d’habitants et, last but not least, dont le mode de vie n’est absolument plus "économe" comme y étaient contraints leurs ancêtres. Ainsi, la consommation d’eau domestique quotidienne y serait en moyenne deux fois supérieure à la moyenne mondiale : chaque habitant du royaume consommerait 265 litres d’eau (contre 150 litres en moyenne pour un Français à titre de comparaison), soit deux fois plus que la moyenne mondiale (3). Selon le ministre de l’eau et de l’électricité, Abdullah Al-Hussayen , cette consommation s’élèverait même à 300 litres à Djeddah, deuxième ville du pays avec quelque 4 millions d’habitants et située sur les bords de la mer Rouge - où le "jet d’eau du roi Fahd", haut de 312 mètres, soit le plus haut du monde, fait figure d’emblème de la ville -, et jusqu’à 350 litres dans la capitale Riyad peuplée de près de 5 millions d’habitants.
    Une situation d’autant plus alarmante que l’augmentation de cette consommation d’eau croît trois à quatre fois plus vite (+ 7,5 %) que celle la population . Par sa consommation d’eau par capita, l’Arabie saoudite figurait ainsi, en 2004, au premier rang mondial .
     Et comme si cela ne suffisait pas, du fait de la dégradation du réseau, le volume des pertes selon des estimations - en l’absence de données précises, car il n’y a pas de compteurs d’eau en Arabie -, serait d’environ 20 % , mais dans certaines régions, il atteindrait plus de 50 % (8). C’est ce que l’on qualifie techniquement de Non Revenue Water (NRW) pour caractériser les pertes anormales d’eau dans le réseau de distribution faute d’avoir réalisé les investissements requis ces dernières décennies, une situation d’autant plus paradoxale pour un pays dont les ressources en eau s’amenuisent et se situent  d’ores et déjà en deçà de 250 m3 d’eau par habitant et par an . D’où l’enjeu devenu évidemment stratégique d’un investissement accru dans le réseau d’eau pour développer une gestion durable de cette denrée aussi vitale que rare. On est loin de la période flamboyante des années 70 où le prince Muhammad Al Faysal, alors gouverneur de la Saline Water Corporation de Djedda - et frère de feu Saoud Al Faysal, ancien ministre des Affaires étrangères et Turki Al Faysal, ancien chef des services secrets saoudiens - rêvait de tracter des icebergs pour alimenter les besoins en eau du royaume.

  • You might also like