• Les nouveaux défis de l’eau en Tunisie

    La question est en train de s’imposer à tous avec acuité. Le devenir de notre capital hydrique est mis à rude épreuve du fait des multiples menaces qui pèsent sur lui. En effet, le stress hydrique n’est plus une hypothèse mais manifestement une réalité à laquelle il importe de réagir. Une rencontre-débat vient d’être organisée par le Cercle Kheireddine et à laquelle trois experts ont été conviés pour couvrir ce dossier brûlant. Synthèse.
    L’heure est à la précaution en ce qui concerne la gestion du dossier hydrique. Notre pays est en effet appelé à se positionner d’une manière plus rationnelle, afin de se prémunir contre les risques d’un stress hydrique qui, selon les experts, est en train de se prononcer de plus en plus.
    D’ores et déjà des voix se sont élevées pour souligner le fait que le pays sera confronté au manque d’eau dans les décennies à venir, puisque pouvant perdre plus de 80% de ses ressources naturelles d’ici 2040.
    Un rapport, publié en 2015, émanant de la World Resources Institute, avait classé la Tunisie parmi les 33 pays les plus susceptibles de connaître un stress hydrique. Ce constat avait été confirmé par l’UNESCO qui avait tiré la sonnette d’alarme à propos du risque de pénurie d’eau. Il était donc impératif de prendre les choses au sérieux et de donner au dossier toute l’importance qui lui sied. L’objectif étant de mettre en place une stratégie idoine pour pouvoir assurer la sécurité hydrique appropriée.

    Le stress hydrique : une réalité



    L’action du Cercle Kheireddine s’inscrit dans ce cadre puisqu’elle vient à point nommé  mettre en exergue les principales actions à entreprendre après une étude minutieuse de l’état des lieux en la matière.
    Les experts invités à l’occasion ont brossé un tableau assez exhaustif de la réalité du secteur de l’eau sous nos cieux, ses défis et les actions à entreprendre pour éviter les risques qui menacent notre capital-eau.
    Trois spécialistes se sont relayés au micro de la rencontre pour traiter la question hydrique. Il a été spécifié que depuis l’indépendance, la politique mise en application a été jugée rationnelle. Les choses ont commencé à se détériorer depuis 2010 du fait d’un certain relâchement et manque de rigueur encouragés par un certain délitement de l’Etat. On a alors commencé à parler de l’imminence d’un stress hydrique, lequel s’est manifesté depuis au niveau des chiffres et des statistiques enregistrés.
    Beaucoup de facteurs semblent étayer ces propos comme par exemple les changements climatiques ou, après 2011, le développement anarchique des forages qui a mis à mal la gestion rigoureuse de l’eau.

    Les défis des ressources en eau

    Ameur Horchani, Docteur ingénieur en hydraulique et expert international en eau, ancien secrétaire d’Etat chargé des Ressources hydrauliques pendant 17 ans, est considéré comme étant l’un des pionniers de l’hydrologie en Tunisie vu qu’il a beaucoup contribué à fonder les stratégies de l’eau en Tunisie.
    Prenant la parole, il a procédé à un minutieux état des lieux de la situation hydrique avant de conclure que la réalité en fait un véritable sujet à préoccupation. Selon lui, le problème se complique particulièrement au niveau du volet de la gestion, donc de la gouvernance du dossier. Et de citer des chiffres internationaux qui mettent en évidence la gravité de la question hydrique dans le monde:  900 millions d’individus en effet n’ont pas accès à l’eau potable.
    Il est impératif, selon lui, de  renforcer le potentiel de l’eau sous nos cieux. Ceci par divers procédés dont le recyclage des eaux usées et le dessalement des eaux . Des actions doivent en outre être entreprises à tous les niveaux pour conjurer les risques qui nous guettent, devait conclure l’expert.

    Horizons des eaux souterraines

    Pour Ahmed Mamou, Docteur ès Sciences en Hydrogéologie de l’Université de Paris (1990), expert international- spécialiste dans les techniques de forage d’eau, l’élaboration du bilan des aquifères, la cartographie des ressources en eau, l’hydrologie des régions arides et la géochimie des eaux- la question est d’une brûlante actualité. Traitant des ressources souterraines, il a scruté toutes les particularités de celles-ci avant de mettre en exergue les menaces qui pèsent sur elles, vu que certaines d’entre elles ne se renouvellent pas en cas de tarissement.

    La question épineuse du dessalement de l’eau

    Mohamed Zaara, Ingénieur principal en hydraulique de l’ENIT, titulaire d’un DEA en Gestion de l’environnement de l’Université Senghor/UQAM, a été Directeur du dessalement à la SONEDE et Directeur Général de la SONEDE Internationale. Il est actuellement Directeur Central de l’UGP de la Station de Dessalement d’Eau de Mer de Sfax, a développé en ce qui le concerne le volet relatif au dessalement des eaux aussi bien en Tunisie qu’en Algérie. Brossant un tableau exhaustif de la question, il a insisté sur les avantages de ces actions quand elles sont menées à bon escient et selon les procédures exigées.
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