• Plus de pressions sur les ressources en eau


    En Méditerranée, les ressources en eau naturelles renouvelables sont estimées, en année moyenne, à 1080 km3/an dont 118 km3, soit 11% du total, proviennent de pays non méditerranéens. La population méditerranéenne « pauvre » en eau, c‟est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m3/hab./an de ressources renouvelables s‟élève actuellement à 180 millions d‟habitants et pourrait atteindre 250 millions d‟habitants en 2025. La population en situation de pénurie, c'est-à-dire disposant de moins de 500 m3/hab./an, pourrait passer dans le même temps de 60 à 80 millions d‟habitants.
    L‟examen de la pression des demandes sur les ressources exprimée par l‟indice d‟exploitation des ressources en eau naturelles renouvelables, met en évidence une géographie très contrastée et parfois inquiétante du « futur en eau ». D‟ores et déjà, dans certains pays, les prélèvements en eau approchent voire dépassent le niveau limite des ressources renouvelables. Ces calculs à l‟échelle nationale peuvent cacher d‟importantes disparités à l‟échelle du bassin versant méditerranéen ou localement, comme en Espagne méditerranéenne. Les situations présentes et futures deviennent encore plus alarmantes lorsque cet indice est calculé par rapport aux ressources exploitables qui ne représentent que la moitié ou le tiers des ressources en eau naturelles renouvelables.

    conventionnelles comme le dessalement ou la réutilisation des eaux usées, ont doublé depuis 1950 pour atteindre, en 2007, 280 km3/an pour l‟ensemble des pays riverains. L‟agriculture, qui reste le premier consommateur d‟eau, prélève 82 % des volumes sur les rives Sud et Est du bassin. Une partie croissante des demandes est satisfaite par une production d‟eau non durable estimée à 16 km3/an, dont 66 % sont issus de prélèvements d‟eaux fossiles et 34 % de surexploitation de ressources renouvelables. Aux pressions quantitatives sur les ressources viennent se surajouter les impacts des rejets d‟eaux usées urbaines, industrielles et agricoles non ou insuffisamment épurées, qui engendrent des teneurs excessives en pesticides ou en nitrates dans de nombreux aquifères ou affectent directement les cours d‟eau. L‟accès à un système d‟assainissement amélioré affiche encore un retard significatif notamment au Sud et au Proche-Orient puisque quarante sept millions de Méditerranéens en sont encore privés.

    Les évolutions de températures et de précipitations décrites par les modèles climatiques entraîneront une aggravation des ces tendances. Les régions méditerranéennes, qui souffrent déjà d‟un stress hydrique important, aggravé par une succession d‟années de sécheresse, vont se trouver particulièrement exposées à des réductions de leurs ressources en eau. Dans certains pays, ce type d‟évolution pourrait déboucher sur des situations de crise aiguë. Au Sud et à l‟Est de la Méditerranée, compte tenu de la croissance démographique et des conséquences immédiates des modifications du cycle de l‟eau, on estime qu‟à l‟horizon 2050, environ 290 millions de personnes pourraient se retrouver en situation de pénurie d‟eau.
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