• Crise de l’eau : la nature à la rescousse

    Analyse. A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, la journaliste du « Monde » Martine Valo revient sur le rapport de l’ONU-eau qui prône le développement des solutions fondées sur la nature pour préserver cette précieuse ressource.

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    Analyse. La nature a mauvaise réputation. Ou du moins, elle n’a pas droit à une considération à la hauteur des services qu’elle rend. L’eau, par exemple, dont on célèbre la journée mondiale le 22 mars : qui mesure à quel point les écosystèmes sont capables de l’absorber, la filtrer, la stocker ? Peu de monde, mais l’ONU-eau – le programme mondial des Nations unies pour l’évaluation de la précieuse ressource – espère changer les regards des décideurs.
    La pollution des rivières s’aggrave à une vitesse vertigineuse et alimenter certaines grandes villes tend à devenir une gageure

    A cette rencontre organisée tous les trois ans à l’initiative du Conseil mondial de l’eau étaient attendus une dizaine de chefs d’Etat, plus d’une centaine de ministres, parlementaires, maires de grandes villes et cinq fois plus de représentants des industriels du secteur ; plus une poignée d’ONG pour faire bonne mesure.

    Potabilisation, dessalement, distribution, irrigation, barrages ou réservoirs : au Brésil, il aura beaucoup été question de financements – fatalement jugés insuffisants – d’un secteur où la demande explose. Or rapporte l’ONU-eau, sur les investissements colossaux pour l’eau et l’assainissement, le soutien aux solutions fondées sur la nature ne dépasse pas 1 % du total, en comptant très large. Et prévient qu’à ce rythme-là « la sécurité hydrique ne sera pas atteinte ». Impossible de s’en tenir au statu quo et de miser uniquement sur l’industrie et ses « solutions grises » – canalisations, usines de traitement, infrastructures artificielles –, quand la pollution des rivières s’aggrave à une vitesse vertigineuse et qu’alimenter certaines grandes villes tend à devenir une gageure.
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