• Est-ce que la pénurie d’eau potable à Zagora sera résolue?

    Est-ce que la pénurie d’eau potable à Zagora sera résolue? Oui, mais pas tout de suite. Si l’eau est revenue dans les robinets à Zagora en octobre, après de longs mois de coupure, la pénurie d’eau potable, elle, est omniprésente dans la province et atteint ses pics chaque été, et ce depuis plusieurs années.
    Les prémices de solutions à moyen et long terme ont été révélées lors de la visite de Charafat Afilal, la secrétaire d’Etat chargée de l’Eau, à Zagora en octobre 2017. Les mesures d’urgence prises alors incluaient le démarrage de nouveaux forages d’exploration au niveau des nappes phréatiques Ennebch et Faija.
    Ces forages ont démarré, en effet, mais en janvier 2018. Il s’agit de deux forages d’un débit de 50 litres par seconde qui sont réalisés par l’ONEE, mobilisant une enveloppe budgétaire de 12 millions de DH. Leur exploitation par contre ne sera possible qu’à partir de l’été 2018. A cela s’ajoute la réalisation des travaux d’entretien et de maintenance du réseau de distribution de l’eau, qui ne remédient toujours pas à la pénurie d’eau, mais qui sont destinés plutôt à améliorer le rendement du réseau.
    Ces travaux mobilisent une enveloppe budgétaire de 13,5 millions de DH et devraients s’achever avant  fin 2018. D’autres mesures, d’ordre structurel, sont prévues à travers la réalisation d’un certain nombre de seuils, barrages collinaires et barrages souterrains pour retenir les eaux de crues et alimenter la nappe souterraine.
    Pourvu qu’il y ait des pluies! Comme mesure à effet plus ou moins rapide, les lachers d’eau à partir du barrage Mansour Eddahbi permettent d’alimenter la nappe souterraine de Nbida «Ennebch», l’une des ressources hydrauliques souterraines qui alimentent la province en eau potable.
    La première opération s’est déroulée au cours du mois de juin 2017 et la deuxième en novembre 2017. «Cette mesure permet d’augmenter le niveau d’eau et de maintenir un débit acceptable», assure Lahcen Ouaara, président du Conseil communal de Zagora. Sur le long terme, deux grands projets sont censés assurer à Zagora l’alimentation en eau potable même en période de sécheresse, mais dont l’exécution prend du retard.
    En effet, le bassin du Moyen Drâa, où se situe Zagora, dispose de deux barrages de stockage d’eau. Le barrage de Tiouine avec une capacité de 300 Mm3, qui se trouve en amont du barrage Al Mansour Eddahbi, d’une capacité de 428 Mm3, qui alimente Ouarzazate et son aval. Le troisième ouvrage, en cours de réalisation, est celui du barrage Agdz dont la capacité prévue est de 316 Mm3.
    A terme, les 3 barrages constitueront un complexe hydrique devant porter la capacité de stockage d’eau totale au niveau du bassin du moyen Drâa à 1 milliard de m3. De quoi assurer l’autonomie en eau pour toute cette zone. Chose qui permettrait de fournir l’eau à toutes les villes en aval de oued Drâa et en particulier le centre urbain de Zagora. Les travaux du barrage ont débuté en 2016 et devraient s’achever entre 2020 et 2021.
    Quant au projet de la station de déminéralisation des eaux de Ennebch, une des deux nappes phréatiques qui alimentent la ville de Zagora, les travaux ont re-démarré durant le mois d’août 2017 après un arrêt des travaux depuis 2014. La réalisation de la station, dont le coût avoisine les 70 millions de DH, aurait été retardée à cause d’un conflit au sein de l’entreprise tuniso-suisse, alors adjucataire du projet.
    Les travaux auraient repris en été 2017, mais pas son exploitation. Celle-ci est prévue pour l’été 2018 et devrait permettre le renforcement de l’alimentation en eau potable de la ville de Zagora, étant donné que l’eau fournie actuellement par cette nappe est saline.
    En attendant, les habitants de cette ville doivent prendre leur mal en patience, et espérer que les travaux lancés aboutissent à des résultats concrets d’ici le début de la saison chaude.
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