• LA NATATION EN MER LE VENT, LES VAGUES, LES MAREES

    Les conditions météorologiques interviennent de façon déterminante dans la sécurité des épreuves.
    Quatre paramètres météorologiques sont d’abord à prendre en compte :
    La force et la direction du vent,
    L’amplitude et la direction des vagues,
    En outre, il faut distinguer deux types de vagues, celles générées par le vent local que l’on désigne par « mer de vent » et celles générées par les dépressions au large que l’on peut rencontrer sans vent local et que l’on désigne par « mer de fond » ou « houle ».
    Un troisième type de vagues particulièrement délicates pour les nageurs est celui qui est généré parfois localement par le conflit de « vent contre courant ». Ce phénomène peut générer localement un clapot très dur avec des vagues qui déferlent sur place, rapidement impraticables aux nageurs
    Un dernier phénomène pouvant générer également une mer gênante pour les nageurs, est rencontré aux points où  le courant de jusant affronte le courant de flot. Les quiberonnais le nomme « Goursen ». Il correspond au point de renverse.
    Enfin, le coefficient de marée ainsi que le moment de la marée auquel se déroule les épreuves sont également déterminants à la fois par le courant qu’ils génèrent et par les conditions de mer qu’ils influencent.
    LA MER DE VENT – INCIDENCES SUR LA NAGE
    Pour les nageurs, la « mer de vent » est la plus gênante car elle génère un clapot dont l’amplitude associée à la grande fréquence peuvent chahuter le nageur et entraver son évolution jusqu’à rendre difficile toute forme de nage à partir d’une certaine intensité en rendant la respiration délicate et épuisante, voire, dans les situations extrêmes, quasiment impossible.
    L’incidence de la mer de vent sur la nage est amoindrie si l’évolution du nageur se fait dans la même direction que le vent, et au contraire amplifiée si son évolution se fait contre le vent.
    Contre le vent, le nageur a alors le sentiment inconfortable d’être « frappé » constamment à la tête au passage de chaque vaguelette à une fréquence importante car amplifiée par l’addition des vitesses de propagation du clapot et du nageur. Le nageur a l’impression de ne plus avancer,  tandis qu’il a l’obligation de gérer sa respiration pour éviter de « boire la tasse » et parfois de sauter un ou plusieurs temps de respiration ce qui peut contribuer à le mettre rapidement en situation d’hypoxie.
    Dans le sens du vent, les conditions sont radicalement différentes et peuvent même devenir favorables au nageur qui n’est plus « frappé » à la tête par les vaguelettes, mais a au contraire le sentiment d’être poussé. Il a, en outre, moins de difficultés à garder son rythme respiratoire car la fréquence du clapot rencontré est diminuée par sa vitesse d’évolution.  Ces circonstances peuvent même devenir agréables, voire grisantes, pour le nageur, un peu comme le cyclistes qui roule vent dans le dos. Il lui reste néanmoins à devoir gérer sa respiration afin d’éviter d’être surpris par la vaguelette traitresse qui le peut le rattraper au moment même de l’inspiration.  Si la gestion de la respiration pouvait rapidement devenir pénible dans le cas d’une évolution contre le vent, elle peut, dans le cas contraire, se transformer en une forme de jeu avec les vagues.
    LA HOULE – INCIDENCE SUR LA NAGE
    La houle a moins d’incidences sur la nage, car la longueur d’onde est beaucoup plus longue, de l’ordre d’une centaine de mètres sur les côtes quiberonnaises. En revanche elle complique l’orientation du nageur qui perd ses repères au creux de la vague, peut générer le mal de mer auprès de certains, et induit une nage irrégulière alternant sentiment de vitesse et de lenteur selon que le nageur se situe en phase ascendante ou descendante de la vague qu’il rencontre où qui le rattrape, tout comme le cycliste face à une côte ou une descente.
    La vitesse de propagation de la houle (célérité) est de l’ordre de 25 nœuds, soit 37 à 45 km/h.
    Un nageur moyen évolue à entre 3 et 4 km/h, c’est-à-dire qu’il va sensiblement dix fois moins vite que la houle.
    Les conditions de nage sont plus favorables lorsque le nageur est rattrapé par la houle que l’inverse.
    En outre, la houle complique la tâche des navires de sécurité en camouflant périodiquement les nageurs, et en générant un risque lié au déferlement de certaines vagues plus importantes qui peuvent faire chavirer certains kayaks, ou drosser à la côte des navires plus importants qui naviguent à proximité des hauts fonds.
    LA MAREE – INCIDENCE SUR LE PARCOURS
    La marée génère des courants dont la direction change selon que l’on se trouve au flot ou au jusant et dont l’intensité est plus ou moins importante,
    Selon le coefficient de marée rencontré,
    Selon le moment de la marée où l’on se situe,
    Selon la topographie de la côte où l’on se trouve.
    En outre, les courants générés par la marée ont une incidence directe sur l’état de la mer selon qu’il y ait du vent ou pas, et s’il y en a, selon que la direction du courant de marée est la même que celle du vent ou non.
    On retiendra surtout que la marée, par les courants qu’elle génère, peut soit contribuer à aplatir le clapot en étant dans la même direction que celui-ci, soit au contraire le durcir dans la cas où les deux directions d’évolution s’opposent.
    Il faut donc rechercher des conditions où les directions d’évolution respectives de la mer de vent et du courant sont les mêmes.
    CAS PARTICULIER DES GOURSEN OU DES BARRES :
    Ces phénomènes sont très localisés à la fois  dans l’espace et dans le temps. Ils peuvent durer plusieurs heures au même endroit dans le cas d’un courant de rivière affrontant la marée montante. Ils lèvent alors une « barre » constituée par une mer extrêmement dangereuse avec des vagues puissantes de plusieurs mètres de haut, qui déferlent  sur place et peuvent interdire toute sorte de navigation.
    En baie de Quiberon, à l’exception des entrées de chenaux, les Goursen sont inoffensives, peu visibles et se déplacent rapidement. Elles sont identifiables par une ligne courbe qui évolue dans le sens de la marée, de part et d’autre de laquelle la couleur ne l’eau et son agitation sont différentes. Elles sont souvent encombrées d’algues, voire d’objets flottants qu’elles ont la caractéristique de concentrer.
    En revanche, ces Goursen peuvent devenir gênantes en entrées de chenaux, mais dans ce cas elles sont heureusement éphémères et apparaissent seulement au moment de la renverse pour s’estomper rapidement une fois que le courant de marée s’est installé.
    LIMITES PRATICABLES POUR LA NATATION EN MER :
    A titre indicatif, les limites courantes sont les suivantes :
    Vents :
    Force 4 à 5 dans le cas de parcours directement exposés et en fonction de la distance à effectuer.
    Houle :
    Houle inférieure ou égale à une amplitude de 2 mètres.
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