• L’eau en Tunisie : il faut tirer la sonnette d’alarme !

    La Tunisie ce petit pays méditerranéen vit ces dernières années une crise de l'eau qui s'accentue d'un jour à l'autre.
    C'est vrai que cette crise dépend étroitement des précipitations, du changement climatique, mais aussi de la mauvaise gestion de l'État, de la politique agricole du pays et de l'ignorance et l'inconscience citoyenne.
    Selon les experts en gestion des ressources en eau, le gouvernement devrait déclarer l'état d'urgence et mettre un plan de gestion de crise et une stratégie bien ficelée pour faire face à cette crise qui se propage d’année en année.
    Selon les dernières statistiques, les stocks dans les barrages inférieurs de 41%. Un chiffre qui montre que la situation hydrique du pays est alarmante et que l'augmentation de la facture de l'eau n'est pas la solution.
    La situation actuelle des barrages en Tunisie est inquiétante comme est le cas au barrage Sidi El Barrak dont le stock en eau a passé de 293Mm3 en 2016 à 199Mm3 en 2017, et ce, à cause de l'évaporation et au débordement de l'eau observé en hiver. Le cas du barrage Sidi El Barrak n'est pas unique en Tunisie.
    Et même avec l'entrée en services de 3 barrages supplémentaires qui totalisent un stock de 58Mm3, la situation ne s'est pas améliorée ce qui nous amène à déduire qu'il y a une mauvaise gouvernance de l'eau et l'absence d'une stratégie de protection et de conservations des ressources en eaux souterraines. En faisant parler les chiffres, il y a une surexploitation dépassant les 400% au niveau de certaines nappes (Kasserine, Kairouan, Sidi Bouzid, etc.), où des forages illicites sont creusés tous les jours.
    Est-ce le moment est venu pour mettre en place une place de l'eau à l'instar de la police de l'environnement pour protéger nos ressources ?
    Pour remédier à ces problèmes, l'État compte utiliser les stations de dessalement de l'eau mer. Une bonne initiative certes, mais ces stations de dessalement programmées sont-elles capables de résoudre le problème ?
    D'après les experts en matière, les stations de dessalement ne rentreront pas en services que dans 3 années et pendant ce temps nous allons perdre en termes de stockage dans les barrages. Donc, cette stratégie doit être déployée sur le long terme.
    Alors quelles sont les solutions adéquates ?
    D'un point vu expert, le gouvernement doit déclarer l'état d'urgence et instaurer un plan de gestion de crise. Ainsi, les décideurs doivent trouver d'autres alternatives et ne pas se contenter des stations de dessalement comme étant des solutions face à la crise.
    En outre, il faut être transparent avec les citoyens et il faut leur expliquer que nous faisons face à une situation très grave et il faut continuer la lutte contre les infractions sur le domaine public hydrique.
    Sur le plan stratégique, les experts en gestion des ressources en eau recommandent :
    - de mettre en place une véritable politique agricole basée sur la valorisation des eaux pluviales.
    - d'arrêter la création des périmètres irrigués.
    - de fermer carrément certains périmètres irrigués.
    - de mettre en place rapidement une tarification adéquate de l’eau potable et de l’eau d’irrigation.
    D'autre part, il faudra également revoir les contrats de concession pour la production de l’eau minérale.
    Les experts suggèrent aussi de faire sortir la gestion de l'eau de la tutelle du ministère de l'agriculture vu qu'il ne peut pas être à la fois juge et partie.
    Pour conclure, le gouvernement et notamment le ministère de l'Agriculture doivent trouver les bonnes solutions dans les brefs délais et de prendre les mesures nécessaires et d'assumer leurs responsabilités.
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