• Risque de noyade : la natation, un enseignement obligatoire à l’école mais inégal

    Trois enfants, dont deux qui ne savaient pas nager sont décédés, en Saône-et-Loire dimanche soir. L’enseignement de la natation est pourtant une priorité nationale.

    L’été signifie souvent chaleur et retour des baignades. Mais le drame de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) où trois enfants sont morts noyés dans un lac rappelle une terrible statistique : un Français sur sept ne sait pas nager. L’enseignement de la natation est pourtant obligatoire à l’école.
    « Apprendre à nager à tous les élèves est une priorité nationale, inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences », précise une circulaire de l’éducation nationale. Depuis 2015, une attestation « savoir-nager » est même délivrée aux élèves, une fois le passage de plusieurs acquis : se déplacer sur une distance de 3,5 m en direction d’un obstacle, faire demi-tour sans reprise d’appuis et passer d’une position ventrale à une position dorsale, se déplacer sur le ventre sur une distance de 15 m… etc. Elle doit permettre aux élèves d’acquérir les réflexes de sécurité, comme se sauver lorsqu’ils se baignent en mer, à la piscine ou dans un lac.
    Distincte des cours de natation fixés dans les programmes scolaires, cette attestation doit normalement être obtenue en CM1, CM2 et sixième. L’apprentissage, doit, lui, commencer dès le CP. Mais ce certificat n’est pas obligatoire pour obtenir le brevet des collèges.

    75 % des besoins de la natation scolaire couverts

    Au-delà de la théorie, dans les faits, les enfants ne sont pas tous égaux dans l’eau. La Fédération française de natation (FNN), à la tête d’un réseau de 1 280 clubs, estime que seuls 75 % des besoins de la natation scolaire sont couverts par le parc des piscines existant, soit 800 000 m² couverts. « La France est très en retard, il existe beaucoup de piscines en rénovation, héritées des années 70 », relève Latif Diouane, responsable développement à la fédération.
    Pour pallier ces carences, les cours peuvent être dispensés dans des bassins en milieu naturels. Mais la encore, ce n’est pas aussi simple. « Il faut obtenir les autorisations, savoir si l’eau est conforme et si on peut sécuriser le lieu », poursuit-il.
    Les disparités territoriales peuvent également freiner l’apprentissage de la natation, avec un problème majeur, la distance entre la piscine et l’établissement scolaire. « Nous avons lancé en 2008 le plan « j’apprends à nager », à destination des Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et dans les zones de revitalisation rurale (ZRR), là ou les enfants sont éloignés de la natation, mais ça ne suffit pas ! On leur donne juste les premiers réflexes », rappelle Latif Diouane. En plus d’être privé des traditionnels bains d’été, ne pas savoir nager prive également d’activités tels que la voile, la planche à voile, le canoë, ou encore le canyoning.
    http://www.leparisien.fr/societe/risque-de-noyade-la-natation-
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