• ANALYSE ET QUALITÉ DE L’EAU

    PRINCIPALES NORMES ET INDICATEURS DE POTABILITÉ ET DE QUALITÉ DE L’EAU


    Photo OIEau

     1) De quoi s’agit-il ?

    De connaître les critères permettant de s’assurer qu’une eau est potable.
    Une eau potable est une eau que l’on peut consommer sans danger pour la santé car elle ne doit être ni toxique, ni infestée de bactéries, de parasites ou de virus nuisibles pour l’homme. Actuellement dans le monde plus de 4 millions de personnes meurent encore chaque année à cause d’une eau non potable et 885 millions n’y ont pas accès. Il est donc important de connaître les différentes normes et indicateurs de potabilité et de qualité afin de sensibiliser les personnes en charge de la gestion de l’eau sur l’importance du contrôle de la qualité de l’eau afin d’éviter autant de maladies et de mortalité. 

     2) Qui utilise surtout ce moyen ?

    L’OMS a défini des critères de potabilité et des recommandations que les pays développés et la plupart des grandes villes appliquent en permanence à l’aide d’analyseurs en continu ou par des mesures en laboratoire afin de garantir aux consommateurs une eau potable. Ces recommandations assez rigoureuses, ne sont toutefois pas toujours entièrement respectées car trop contraignantes pour certaines régions dépourvues de moyens. Plusieurs régions ou pays, comme l’Union Européenne, ont édicté leurs propres normes.s.

     3) Pourquoi ?

    Les maladies contagieuses causées par les bactéries pathogènes, les virus et les parasites sont très souvent liées à la consommation d’eau ne répondant pas à des critères minimaux de potabilité. Elles constituent pour la santé le risque le plus commun et le plus répandu. Il est donc important d’établir des normes et des indicateurs de potabilité et de qualité et surtout de vérifier qu’elles sont respectées, notamment sur les points d’accès à l’eau et si nécessaire de les adapter selon les zones et les particularités locales.

     4) Qui est surtout concerné ?

    Toutes les populations sont concernées par des critères de potabilité. Les pays pauvres sont principalement concernés car une faible partie de la population dispose d’une alimentation par un réseau public. L’autre partie puise l’eau directement à sa source c’est-à-dire dans les puits, les fleuves, ou les réserves pluviales naturelles. C’est là que l’exposition à la consommation d’eaux souillées est la plus importante. De même, les populations déplacées et les réfugiés dans les camps ont besoin rapidement d’une eau qui soit suffisamment potable pour ne pas causer des maladies ou même la mort. Or celle-ci est souvent suspecte.
    Aussi, une eau avant d’être consommée sans danger pour la santé doit répondre à certaines normes de potabilité :
    - La potabilité microbiologique : c’est l’absence, ou la présence à des taux suffisamment faibles, de micro-organismes susceptibles de provoquer des maladies graves et contagieuses.
    - La potabilité chimique : c’est l’absence, ou la présence à des taux suffisamment faibles, de substances toxiques susceptibles de provoquer des maladies à plus ou moins long terme.
    Pour pouvoir être consommée agréablement l’eau doit être limpide, claire et ne doit présenter ni saveur, ni odeur désagréable. Cependant une eau qui ne satisfait pas pleinement à ces critères ne présente pas forcément de risque pour la santé.

    Laboratoire portatif pour des analyses in situ de l’ODAG - Caritas Ethiopie

     
    5) En quoi consiste ces indicateurs procédé ? Comment est-il mis en oeuvre ?

    a) Critères de potabilité physique et chimique

    Il convient d’établir une liste recensant les différents paramètres physiques et chimiques à contrôler et qui définissent la potabilité d’une eau ainsi que les valeurs limites à ne pas dépasser. D’un point de vue chimique et physique ces différents paramètres permettent de déterminer si une eau est potable. En plus des paramètres habituels, certains paramètres spécifiques doivent être analysés en fonction de la région et des problèmes rencontrés. (Par exemple si cette région est particulièrement touchée par des déversements d’arsenic dans ses eaux, comme par exemple au Bangladesh, il faudra privilégier un test à l’arsenic). De même, des normes spécifiques tant physico-chimiques que bactériologiques ont été établies par l’OMS pour les situations d’urgence et de crise.
    Des indicateurs de potabilité et de qualité peuvent être utilisés pour ces analyses :
    - Des kits
    - Des sondes portatives
    - Des bandelettes
    - Visuel : regarder la surface de l’eau (matière en suspension, hydrocarbures, huiles, couleur, odeur)
    Merci de vous reporter pour cela à la fiche suivante E 27« Méthodes et moyens disponibles d’analyse physique, chimique et bactériologique de l’eau. »
    On peut recueillir l’ensemble de ces informations sous forme de tableaux avec les différents paramètres à contrôler et la quantité à ne pas dépasser ainsi que les résultats obtenus pour une comparaison.
    Exemple de tableau présentant une série de paramètres chimiques analysables, leurs unités de mesure ainsi que les valeurs limites à ne pas dépasser (voir OMS 2004)

     
    N.B : Pour le calcium et le magnésium (Ca et Mg), il s’agit de valeurs minimales 
    On distingue pour l’établissement de la potabilité chimique d’une eau :
    On distingue pour l’établissement de la potabilité chimique d’une eau :
    - Les substances indésirables : leur présence est cependant tolérée tant qu’elle reste inférieure à un certain seuil (le fluor F- et les nitrates par exemple).
    - Les substances aux effets toxiques : le plomb, le chrome, l’arsenic (Ars), le cadmium (Cd) en font partie. Les teneurs tolérées sont extrêmement faibles, parfois de l’ordre du millionième de gramme par litre.

    b) Critères de potabilité bactériologique

    Il convient d’établir une liste bactériologique c’est-à-dire une liste des bactéries que l’on ne doit pas retrouver dans une eau si celle-ci doit-être consommée ou encore la quantité limite tolérée de ces organismes dans l’eau.
    Les analyses microbiologiques sont fondées sur la recherche des bactéries considérées comme des indicateurs de contamination fécale : ces bactéries ont été choisies parce qu’elles sont présentes en grand nombre dans les selles des animaux à sang chaud qui sont des sources fréquentes de contamination assez grave, qu’elles sont détectables facilement, et qu’elles ne se développent pas dans l’eau pure.
    L’indicateur de choix est la recherche d’Escherichia coli, ou de celle des coliformes thermotolérants (bactéries du même genre qu’E. coli) et reste encore couramment employée. Les eaux potables ne doivent pas en contenir. C’est un bon indicateur de potabilité.
    D’autres indicateurs sont ajoutés, comme la recherche des entérocoques, et celle des spores de Clostridium perfringens.
    Normes de qualité microbiologiques de l’eau de boisson fixées par l’OMS , rappelées dans une fiche du RéFEA.
    ParamètresValeurs guides OMSInterprétation
    Coliformes thermotolérants0/100 mlIndicateurs de pollution fécale
    Streptocoques fécauxPas de normesIndicateurs de pollution fécale
    Coliformes totaux0/100 ml dans 95% des 
    échantillons d’eaux traitées
    Indicateurs d’efficacité du traitement (désinfection) ; ne 
    signalent pas nécessairement une pollution fécale
     Nota : selon l’OMS, l’indicateur le plus précis pour estimer la pollution fécale est en fait Escherichia coli, membre du groupe des coliformes thermotolérant.
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