• Le Cameroun boit un grand verre d’eau minérale

    S’il est un marché au Cameroun, dont le dynamisme suit la courbe ascendante de celui des télécoms ou encore celui du ciment, c’est bien le marché des eaux minérales. Depuis le début des années 2010, en effet, cette boisson, jadis considérée comme un produit de luxe par les populations, est désormais démocratisé.
    A cause d’une concurrence à la fois magnifique et farouche qui s’est installée sur le marché, principalement du fait des innovations apportées par des entreprises du secteur. En effet, selon les statistiques tirées des rapports financiers officiels des Brasseries du Cameroun, dont la filiale en charge de la production de l’eau minérale (Société des eaux minérales du Cameroun, en abrégé SEMC) a contrôlé le marché pendant des décennies, la consommation de cette boisson au Cameroun ne cesse d’évoluer depuis 2013.

     Après une progression de 11,8% enregistrée cette année-là, les ventes globales de l’eau minérale dans le pays ont augmenté de 32,6% en 2016, atteignant 2,2 millions d’hectolitres consommés par les populations. Cette situation est la résultante de l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs, qui ont su pénétrer un marché sur lequel une seule entreprise régnait en quasi-monopole depuis de nombreuses années. Au point où le nom de la marque exploitée par cette dernière entreprise se confondait avec le produit lui-même, quel que soit son fabricant. Parmi les armes utilisées par les nouveaux venus, auxquels très peu d’analystes prédisaient certainement un destin peu glorieux, au regard de nombreuses expériences antérieures, il y a eu l’innovation dans le modèle économique, laquelle a été portée au firmament par un marketing agressif. Une trouvaille originale qui a permis, en moins de dix ans, d’occasionner une baisse de plus de 50% sur le prix de la bouteille d’eau minérale, qui est ainsi passé de 500 francs CFA à seulement 220 francs CFA de nos jours.

    Une véritable aubaine et un bonheur intarissable pour les populations d’un pays dans lequel le taux d’accès à l’eau potable culmine officiellement à moins de 40%. Bref, à la faveur de prix devenus démocratiques, les populations camerounaises des villes et même de certaines zones de campagne peuvent désormais répondre aux hoquets de la société de distribution de l’eau potable dans le pays, par des achats de bouteilles d’eau minérale. En effet, le prix de la bouteille de 1,5 litre de ce produit est désormais inférieur à celui du kilogramme de riz (entre 300 et 400 francs CFA), la denrée alimentaire la plus consommée au Cameroun.

     Brice R. Mbodiam
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