• Plus de 8 millions de tonnes de plastiques déversées dans les océans

    Lors de la journée mondiale de l’environnement, en juin dernier, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a placé la lutte contre les produits en plastique au cœur des actions promouvant le respect et la préservation de l’environnement.

    Le plastique à usage unique : un fléau environnemental

    Cette année, le thème de la Journée mondiale de l’environnement était la lutte contre la pollution plastique. Dans le viseur, la réduction des plastiques à usage unique ou jetable qui représentent 50% des déchets. Le rapport de l’ONU énumère les objets concernés: «les mégots, les bouteilles en plastique, les bouchons en plastique, les emballages alimentaires, les sacs plastique de supermarché, les couvercles en plastique, les pailles, les touilleurs et les récipients alimentaire à emporter». Avec une consommation qui s’élève à environ 500 milliards par an, les sacs en plastique représentent le problème majeur. Face à ce constat, pour le secrétaire général de l’ONU, un seul mot d’ordre : «bannissez les produits en plastique à usage unique. Refusez ce que vous ne pouvez pas réutiliser».

    Le danger des microplastiques

    Sur les neuf milliards de tonnes de plastique produites, seulement 9% ont été recyclées. Sachant que la plupart des plastiques ne sont pas biodégradables, ils finissent en majorité dans les décharges ou dans notre milieu naturel où ils mettront des milliers d’années à se décomposer totalement. Selon le rapport de l’ONU, sans un système de gestion des déchets très efficace environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques seront retrouvées dans les décharges et l’environnement d’ici 2050.
    En attendant sa décomposition totale, le plastique contamine les sols et l’eau sous forme de particules de microplastiques qui abiment la faune et la flore marine. Selon les études, 90% de l’eau en bouteille et 83% de l’eau du robinet contiennent des particules de plastique. Le Secrétaire général António Guterres tire la sonnette d’alarme : «Il y a aujourd’hui plus de microplastiques dans les mers du globe que d’étoiles dans toute la Galaxie. Des îles les plus reculées jusqu’au pôle Nord, aucune région n’est épargnée. Si la tendance actuelle se poursuit, il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons dans les océans.»
    Ces déchets représentent aussi un véritable danger pour la santé humaine puisque lorsque les microplastiques sont ingérés par les poissons (car confondus avec de la nourriture), ils sont transférés dans les tissus animaux pour finalement pénétrer dans notre chaîne alimentaire. Selon le rapport, «les produits en polystyrène, qui contiennent des produits chimiques cancérigènes comme le styrène et le benzène, sont très toxiques lorsqu’ils sont ingérés, endommagent le système nerveux, les poumons et les organes reproducteurs». Les conséquences de l’ampleur de ce phénomène sont très méconnues aujourd’hui car très peu de connaissances sont disponibles sur les effets des microplastiques sur la santé.
    Parmi les alternatives envisagées, les plastiques issus de ressources renouvelables et biodégradables comme les biopolymères à base de biomasse (le PLA (acide polylactique) ou les PHA (polyhydroxyalcanoates)) suscitent l’intérêt et font l’objet de nombreuses recherches pour connaitre leur effet dans l’environnement naturel.
    Par Aliye Karasu
    www.techniques-ingenieur.fr
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