• Accès à l’eau potable au Maroc : de meilleures conditions de vie en milieu rural

    Depuis 2001, le Royaume fournit de gros efforts pour généraliser l’accès à l’eau potable, en multipliant les chantiers de raccordement et de distribution. La BAD est le premier bailleur de fonds dans le secteur de l’Eau au Maroc.

    Sur la terrasse de sa maison de deux étages, Mohammed, la quarantaine burinée, tourne le robinet pour laisser couler l’eau devant ses visiteurs. Depuis deux ans, fini les corvées d’eau et tous les tracas domestiques qui y étaient liés !
    Là était le paradoxe, à Beni Mellal, nichée avec ses 26 000 habitants entre plaine et montagne, au centre du Maroc : la région dispose d’importantes ressources en eau, et l’agriculture (irriguée dans les plaines, vivrière en montagne) y est la principale activité économique. Pourtant, les corvées d’eau ont longtemps été de mise à Beni Mellal. À telle enseigne, que « des gens ont vendu leur maison à cause des problèmes d’eau », souligne Mohammed, depuis le toit de sa maison du quartier de la 3e annexe administrative. Et d’ajouter : « aujourd’hui, ils le regrettent. Car depuis que l’adduction d’eau  a été faite, il y a deux ans, les maisons ont gagné 5 % sur leur valeur ». Entretemps, la localité s’est dotée d’un réservoir d’une capacité de 4 200 m3. Et la borne fontaine du quartier a cessé d’être une arène de bataille à coup de seaux d’eau, à force de conflits autour du précieux liquide. Désormais, les factures  trimestrielles oscillent entre 100 et 200  MAD (10 à 20 euros).
    Mohammed, comme des dizaines de milliers d’autres de ses compatriotes, cueille les fruits des projets successifs d’Alimentation en eau potable (AEP).
    Dans le cadre de l’AEP, deux volets du projet ont été définis. Le premier volet relatif à l’AEP en milieu rural a également bénéficié du Programme d’ajustement de l’eau (PAS Eau). Financé par la BAD, le PAS Eau a permis d’établir le bilan du Programme d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales (PAGER) grâce à une étude diagnostic réalisée par l’ONEP en 2005, et d’en confirmer le cadre institutionnel (l’ONEP a été désigné comme interlocuteur unique sur ce programme).
    La Banque est forment impliquée dans les politiques sectorielles définies par les autorités marocaines en matière d’accès à l’eau potable – en témoigne la coopération ancienne et étroite avec l’Office national de l’Eau. Les différents projets financés par la Banque dans le secteur ont permis, entre autres, d’améliorer les systèmes d’adduction et de distribution dans 30 villes marocaines (plus des 2/3 de la population du pays), réparties sur l’ensemble du territoire.  Ces projets ont contribué à la sécurisation de l’accès à l’eau potable en milieu urbain, de l’ordre de 100 % aujourd’hui, et à l’augmentation du taux d’accès à l’eau potable en milieu rural, passé de 14 % en 1990 à 91 % actuellement. Quant au taux d’accès à l’assainissement en milieu urbain, celui-ci est désormais supérieur à 70 %, contre moins de 50 % en 1990.
    Grâce aux projets menés, 10 millions de Marocains vivant en milieu urbain (Taounate, Khénifra, Settat, Marrakech, Tamesna, axe Rabat-Casablanca) bénéficient désormais d’un accès à l’eau et à l’assainissement.
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