• Irak: à Bassora, «les autorités n’ont apporté aucune solution»

    Le Parlement irakien se réunit en urgence samedi 8 septembre, pour tenter de trouver une issue à la crise sociale et sanitaire à Bassora. Cette ville du sud de l’Irak connaît un important mouvement de contestation depuis juillet contre la corruption des politiciens et la dégradation des services publics. De violentes manifestations ont à nouveau eu lieu vendredi 7 septembre. Le consulat iranien a été mis a feu, une manière pour la population de protester contre la main mise d'lran sur les partis politiques irakiens.







    Neuf manifestants tués cette semaine, vingt-quatre en tout depuis début juillet : la grogne populaire ne faiblit pas à Bassora.
    Jeudi déjà plusieurs bâtiments publics et bureaux de partis politiques avaient été mis à feu. Le principal port de la ville avait été fermé. Mais vendredi la colère des habitants de Bassora s'est tournée vers le consulat iranien. Les bâtiments étaient vides au moment des faits mais ils avaient une importance symbolique. Tout en vandalisant les lieux, les manifestants ont dénoncé la mainmise de l'Iran sur les partis politiques irakiens.
    La région de Bassora est très riche en pétrole mais ses habitants s'indignent de ne pas en percevoir les bénéfices et souffrent de la pollution que son extraction engendre. L’absence d’eau potable est l’un des problèmes les plus criants, dans une ville où plus de 30 000 personnes intoxiquées par l'eau ont déjà dû être hospitalisées. Ce qui fait dire à Montazer Al Zaïdi, homme politique irakien contacté par RFI, que la session extraordinaire du Parlement prévue ce samedi ne résoudra rien.
    « Le problème à Bassora c’est l’accès à l’eau potable. L’eau courante est saumâtre. Cette situation dure depuis des années et les autorités n’ont apporté aucune solution » déplore-t-il. Il accuse d’ailleurs les autorités d’avoir une claire « absence de volonté pour trouver une solution à la crise de Bassora ».
    A ses yeux, « les autorités ne veulent pas agir », alors même qu’il « y a des solutions simples qui pourraient être mises en œuvre pour approvisionner une ville en eau potable ».
    « Le Parlement irakien n’a même pas de président »
    Même si, à l'appel de Moqtada Sadr, Haider al-Abadi se présentera avec plusieurs de ses ministres devant le Parlement pour évoquer le mouvement social à Bassora, Montazer Al Zaïdi ne croit pas « que cela aboutira à un quelconque résultat ». Il souligne que « le Parlement irakien n’a même pas de président » et « qu’aucune décision ne peut être prise sans président ».
    Déchiré par des années de violences depuis l'invasion américaine de 2003, l'Irak se remet d'une guerre contre le groupe Etat islamique. Malgré d'importantes recettes pétrolières – 7,7 milliards de dollars en août –, le pays connaît un fort chômage et des pénuries d'eau et d'électricité.
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