• Tsunamis géants ou mégatsunamis : définition et menaces actuelles

    Les mégatsunamis ou tsunamis géants ne sont pas comparables aux tsunamis classiques, pourtant déjà dévastateurs comme en témoigne celui de mars 2010 au Japon qui s'est accompagné de vagues de plus de 20 m et d'inondations littorales qui ont tué environ 18 000 personnes.
    Alors qu'un tsunami est déclenché par un séisme sous-marin, un mégatsunami est habituellement provoqué par un éboulement colossal de roches, un glissement de terrain, qui en tombant dans l'eau provoque de puissantes vagues pouvant atteindre jusqu'à 300 mètres de haut avec une vitesse de propagation de plus de 900 km/h... Ainsi, le mégatsunami s'explique par une onde de choc verticale.
    Les éruptions volcaniques, lorsqu'elles sont situées près d'un littoral, peuvent engendrer des tsunamis aux proportions cataclysmiques.
    Si ce scénario était, il y a encore peu, hypothétique et réservé aux fictions, les géologues viennent de retrouver des traces géologiques de tels cataclysmes :
    • Il y a cent mille ans, à la suite d'une éruption volcanique énorme, un morceau gigantesque du volcan Mauna Loa à Hawaii est tombé dans la mer, provoquant un raz de marée de plus de 300 mètres de haut à des centaines de km à la ronde !
    • Il y a 8 000 ans, une éruption de l'Etna (Sicile) aurait provoqué un titanesque tsunami, ravageant les côtes méditerranéennes du Nord de l'Afrique jusqu'à l'actuelle Turquie. L'Etna, toujours actif a marqué sa région de son empreinte par les débris qu'il y a laissé.
    • Il y a également environ 8000 ans, la plaque sédimentaire sous-marine de Storegga, d'une surface semblable à celle de l'Ecosse, s'est désolidarisée de la côte ouest de la Norvège, labourant les fonds marins sur près de 300 kilomètres. Ce glissement de terrain colossal a déclenché un tsunami et des vagues de plus de 20 mètres qui se sont abattues sur les côtes des îles Shetland voisines et probablement emporté bien des tribus d'Europe du nord. "La trace du glissement est encore visible sur les fonds marins", explique le Professeur Peter Talling, sédimentologue de l'Université de Southampton (Grande-Bretagne), qui dirige un projet national d'évaluation des risques de glissement sous-marin.
    • Le 17 octobre 2015, la fonte du glacier Tyndall en Alaska a entraîné l'éboulement dans l'eau de 180 millions de tonnes de pierres près du fjord Taan. Résultat : une vague de 193 mètres a été générée, l'un des plus grands tsunamis jamais enregistrés. Heureusement, la région est désertique (Scientific Reports).
    De tels mégatsunamis surviennent régulièrement et depuis 40 000 ans, il y a eu au moins dix énormes effondrements de matière (de plus de 100 kilomètres cube chacun) rien que dans l'Atlantique Nord. A chaque fois, ces catastrophes ont provoqué des vagues géantes de plusieurs centaines de mètres de haut.
    Ainsi, dans une étude de 2008, le Pr Uri ten Brink, géophysicien à l'USGS (Woods Hole, Massachusetts - Etats-Unis) identifie les risques de tsunami sur la côte Est des Etats-Unis, où se trouvent plusieurs centrales nucléaires. Le passé géologique de l'Amérique du Nord prouve qu'un tel évènement s'est déjà produit : "Les couches de sédiment concernées sont autrement plus épaisses que celles de Storegga," rapporte-t-il.

    Ces scénarios, qui étaient considérés comme hypothétiques, seraient donc bien plausibles et principalement liés à des explosions volcaniques de grande ampleur. En effet, les tsunamis peuvent résulter d'un écroulement de flanc d'un volcan, générant une avalanche de débris.

    Des mégatsunamis engendrés par des avalanches sous-marines

    Ces mégatsunamis pourraient également être générés par des avalanches de sédiments sous-marins, comme en témoigne Le Teide, situé dans les îles Canaries, sur l'île de Tenerife. Il culmine à plus de 3,7 km d'altitude et représente l'un des plus grands volcans de la planète.
    Cet imposant volcan a connu un cycle de très grandes éruptions et effondrements. Or, une étude du Centre national d'océanographie (CNO) a montré que les éruptions passées pouvaient être liées à d'énormes glissements de terrain sous-marins à plusieurs étages.
    Et ce sont ces avalanches sous-marines qui auraient entraîné, entre 10 heures et plusieurs semaines plus tard, des éruptions volcaniques d'une puissance équivalente à l'explosion d'une bombe atomique, juste après des tsunamis potentiellement dévastateurs...
    Mais les chercheurs reconnaissent qu'il est difficile d'apprécier le risque de glissements de terrains sous-marins, surtout les très gros. "Nous n'avons pas suffisamment de données sur ces événements, car (heureusement) ils sont très rares" souligne ten Brink. "Nous exploitons au maximum tous les indices possibles."
    Selon l'expert en tsunamis Bill McGuire, de l'University College London, un tsunami géant survient environ tous les les 10 000 ans.

    www.notre-planete.info
  • You might also like