• Une grave crise de l’eau frappe l’Irak

    Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale

    La maison de Muhassin Sabban Ali trône, isolée, au milieu d’une vaste étendue de terre craquelée, ponctuée de canaux à l’abandon. C’est ce qu’est devenue la campagne de Siba, dans la province de Bassora, dans le sud de l’Irak. Quelques palmiers dattiers au feuillage desséché et des troncs calcinés, héritage de la guerre Iran-Irak (1980-1988), se dessinent à l’horizon. « Jadis, tout autour de la maison, il y avait des palmiers à perte de vue. Quand la salinité de l’eau a commencé à augmenter, les problèmes sont arrivés. Le fleuve est mort, la végétation est morte », raconte l’homme de 87 ans, né dans cette région alors réputée pour sa production de dattes.
    Revenu après la guerre exploiter ses douze dunams (trois hectares) à quelques centaines de mètres de l’Iran, Muhassin Sabban Ali a vu sa plantation dépérir peu à peu depuis 2009, avec l’augmentation de la salinité du Chatt el-Arab, le canal à la confluence du Tigre et de l’Euphrate. Il ne lui en reste qu’un dont il tire quelques tonnes de dattes par an. Les fruits, alimentés au goutte-à-goutte depuis les canalisations, sont petits. La teneur en sel record de l’eau cette année la rend impropre à la consommation. « Je n’ai que cette eau pour mes arbres et mes moutons. Je ne peux acheter qu’une demi-tonne d’eau potable tous les vingt jours », déplore le vieil homme chétif, qui vit de sa retraite et de l’aide de ses enfants, qui ont délaissé l’agriculture.
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