• Côte d’Ivoire : quand l’eau devient une denrée rare

    Récit d’une crise de l’eau actuelle à Abidjan, capitale économique de la Côte D’ivoire. Débutant par une sous alimentation et des coupures intempestives de plusieurs jours, la pénurie en eau est maintenant un problème crucial dans ce quartier sous équipé.
    Aujourd’hui, nous sommes au 7ème jour , jour pour jour que la population de Pays bas  (Gesco) est plongée dans une crise d’eau difficile qui entraîne une chasse à l’eau sans repos. Débutant par une sous alimentation et des coupures intempestives de plusieurs jours, la pénurie en eau est maintenant un problème crucial dans ce quartier sous équipé

    La source de vie est introuvable à Gesco

    La période de la sous alimentation et des coupures avait considérablement modifié les habitudes et les comportements des populations. Ainsi, les ménages laissaient les robinets ouverts et veillaient tranquillement attendant l’arrivée de l’eau. Pour les quelques foyers chanceux, l’eau pouvait encore venir aux alentour d’01 heure voire 02 heures du matin à une faible pression, ainsi on profitait pour faire le plein des fûts, la lessive et la vaisselle puis se laver. Pour les foyers malchanceux ou non approvisionnés en eau courante, il fallait simplement attendre le lendemain matin et espérer avoir de l’eau potable.
    Aujourd’hui, nous constatons que la crise d’eau est maintenant une réalité incontournable à Gesco puisque le besoin en eau s’accroît au fil du temps. Après les quelques veillées que la sous alimentation avait occasionnées, il est aujourd’hui question de survie car voila maintenant 04 jours (du dimanche au mercredi) que la source de vie est introuvable à la Gesco et notamment au Pays bas. Les populations sont obligées de migrer vers d’autres quartiers comme Mamie Adjoua, Ananeraie ou Port bouet II à la recherche d’eau. C’est une véritable chasse à l’eau dans ce quartier sous équipé qui n’épargne personne : les populations des quartiers Eden, Petit marché, Pays bas, Petit paris, quartier Gouro, etc. Et qui nécessite toutes les stratégies possibles et nécessaires : le porte à porte, une cuvette d’eau, une bouteille d’eau…


    La chasse à l’eau est véritable. Partout dans les rues, les bassines sur la tête, des seaux et bidons en main ou dans des brouettes, les femmes en première ligne souvent accompagnées des plus jeunes passent toute la journée à la recherche d’eau, frappant à toutes les portes pour recueillir ne ce reste qu’une bassine ou un seau d’eau. Les journées se présentant infructueuses, il fallait maintenant passer des nuits blanches à la recherche d’eau. Ainsi de jour comme de nuit jusqu’au petit matin, les femmes et quelques hommes parcouraient les quelques points d’eau de ravitaillement de fortune.
    La lutte perpétuelle pour l’acquisition de l’eau potable en quantité et en qualité suffisante offrait plusieurs scènes au quartier pays bas. Par exemple, dès que l’eau arrivait dans un point de ravitaillement de fortune, l’attente, la fatigue et l’impatience de voir son tour arrivé créaient des disputes, des insultes, des bagarres et du désordre. Les plus faibles se retiraient et repartaient à la recherche d’autres points de ravitaillement.
     
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