• Le Québec champion du gaspillage d'eau

    Anne Caroline Desplanques

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    Parmi les plus grands consommateurs d’eau au monde à longueur d’année, les Québécois doublent leur consommation l’été et consacrent les deux tiers de l’eau qu’ils pompent uniquement à l’arrosage du gazon.
    Parmi les plus grands consommateurs d’eau au monde à longueur d’année, les Québécois doublent leur consommation l’été et consacrent les deux tiers de l’eau qu’ils pompent uniquement à l’arrosage du gazon.
    «Les grandes quantités d’eau disponibles au Québec donnent l’impression que c’est une ressource facile et disponible», se désole Josianne Lafantaisie, porte-parole du Réseau Environnement.
    Chaque foyer québécois consomme rien de moins que 386 litres d’eau par jour à longueur d’année. C’est 70% de plus qu’en Ontario et 40% de plus que la moyenne canadienne.
    L’obsession du gazon
    En saison estivale, 75% de l’eau traitée par les municipalités du Québec est utilisée uniquement pour arroser les pelouses, estime en effet le Réseau Environnement.
    Des gestes simples, comme couper le gazon moins court et y installer un pluviomètre pour surveiller l’irrigation par la pluie, peuvent pourtant permettre d’économiser des milliers de litres.
    «Un gazon jaune n’est pas un gazon mort. En cas de sécheresse, la pelouse entre en état de dormance afin de préserver l’eau nécessaire à ses racines», explique Mme Lafantaisie. Elle souligne qu’un boyau d’arrosage peut débiter 1000 litres d’eau potable à l’heure.
    «Si les gens savaient ce qu’ils consomment, ils prendraient conscience, ça deviendrait concret», croit-elle. Son organisme prône non pas la tarification de l’eau, mais l’installation de compteurs pour permettre une responsabilisation citoyenne.
    Infrastructures désuètes
    Les villes sont néanmoins elles aussi à blâmer pour le gaspillage d’eau et pas uniquement au Québec, selon le Bulletin de rendement des infrastructures.
    D’après ce rapport, l’état une grande partie des infrastructures d’eau potable et d’eaux usées est jugé «passable» à «très mauvais». Pour réparer les fuites, il faudrait investir 64,9 milliards $ d’un bout à l’autre du pays.
    Mme Lafantaisie indique que Montréal, Laval et Rivière-du-Loup, notamment, ont fait beaucoup pour colmater les brèches ces dernières années, mais qu’il reste beaucoup de travail à faire partout.


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