• Toxicité des biocides

    Cancérogénicité
    Chez les agriculteurs, malgré une espérance de vie plutôt supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par maladies cardiovasculaires et par cancer en général, il semblerait que la mortalité et l’incidence de certains types de cancers soient augmentées. Il s’agirait en général de cancers peu fréquents voire rares tels que les cancers des lèvres, des ovaires, du cerveau ou de la peau. Un accroissement du risque de cancer chez les enfants exposés à des pesticides avant la naissance ou pendant l’enfance est souvent évoqué.
    L’exposition pourrait provenir du travail agricole des parents ou de contaminations domestiques de l’habitat ou de l’alimentation. L’exposition des enfants aux pesticides a été le plus souvent associée aux tumeurs cérébrales et aux leucémies. Malgré cela, il n’existe aujourd’hui aucun consensus sur l’existence d’une augmentation du risque de cancer, en particulier en raison des incertitudes liées à la détermination des expositions aux pesticides et du manque de données expérimentales sur les mécanismes biologiques impliqués .
    On ne peut que recommander la lecture du livre de Marie-Dominique Robin : Notre poison quotidien. Livre qui relate entre autre le parcours de ces agriculteurs confrontés à des souffrances énormes suite à l’utilisation des pesticides.


    Troubles de la reproduction
    L’utilisation du dibromochloropropane (DBCP), nématocide employé au cours de la période 1960-1970 dans de nombreux pays des zones tropicales et sub-tropicales a donné lieu, dans le cadre d’expositions professionnelles, à des dizaines de milliers de cas de stérilité masculine. D’autres molécules, appartenant à des familles chimiques diverses tels que le chlordécone, le carbaryl et le 2,4-D ont également donné lieu, toujours dans le cadre d’expositions professionnelles, à des observations bien documentés sur leurs effets délétères sur la fertilité masculine. Les différentes études disponibles suggèrent également un effet de l’exposition maternelle aux pesticides sur le risque de mortalité intra-utérine, sur la diminution de la croissance fœtale ou bien encore sur certaines malformations. Il s’agit, à ce stade des connaissances, de simples présomptions. L’OMS continue a recommander le lait maternel pour nourrir le nouveau-né.


    Troubles neurologiques
    Pour certains insecticides, la neurotoxicité est le mécanisme même de leur mode d’action sur les ravageurs (par exemple inhibition de l’activité cholinestérasique ). Les effets aigus survenant à doses importantes chez l’homme (agriculteurs) sont maintenant bien documentés notamment en raison des intoxications accidentelles ou volontaires (tentatives de suicide). Il s’agit d’effets neurotoxiques, principalement dus aux organophosphorés et aux carbamates, mais également aux organochlorés (DDT, lindane..), ou aux pyréthrinoïdes.
    Concernant les effets chroniques, dus aux expositions à faibles doses répétées sur une longue durée, les connaissances restent lacunaires. Les principaux effets chroniques étudiés sont les neuropathies périphériques, les troubles neurodégénératifs (tels que la maladie de Parkinson) et les troubles neurocomportementaux. Une vingtaine d’études ont été conduites sur la maladie de Parkinson, mais, actuellement, aucun consensus ne s’en est dégagé.


    Perturbations endocriniennes
    L’hypothèse qu’une exposition à certains pesticides possédant la capacité d’imiter l’action des hormones, on parle de perturbateurs endocriniens, puisse être responsable de divers effets néfastes, a généré beaucoup d’intérêt au cours des dernières années.
    De façon plus précise, on discute surtout à l’heure actuelle de la possibilité qu’une exposition, y compris in utero, à des substances possédant des propriétés oestrogéniques, puisse être à l’origine d’une grande variété d’effets adverses tels les cancers du sein, de la prostate et des testicules, des atteintes de la fonction reproductrice chez l’homme, des malformations de l’appareil génital masculin, des problèmes de fertilité...
    Jusqu’à présent, bien que l’hypothèse soit plausible d’un point de vue biologique, il n’existe pas de preuve irréfutable que l’exposition environnementale aux perturbateurs endocriniens, tels que certains pesticides, puisse être à l’origine de désordres de la reproduction chez l’homme .


    www.sante-habitat.be/infos-polluants
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