• Boire de l’eau du robinet favoriserait-il Alzheimer ?



    La question du lien entre l’aluminium, qui est un neurotoxique avéré, et Alzheimer est très régulièrement soulevée. L’histoire n’a rien de nouveau : depuis les années 1960, la relation Alzheimer-aluminium fait l’objet de vives polémiques. Si rien n’est sûr, le soupçon pèse.
    Qu’est-ce qui lie Alzheimer et l’aluminium ? A ce jour, nous ne savons pas si l’aluminium cause Alzheimer ou en est le résultat. En tout cas, ce qui a été observé, c’est que les personnes atteintes d’Alzheimer présentent des taux d’aluminium 3 à 4 fois plus élevés dans le cerveau que les personnes qui ne sont pas malades.

    Des études qui sèment le doute

    En 2000, l’étude PAQUID menée par l’INSERM dans le sud ouest de la France concluait que selon le taux d’aluminium dans l’eau potable (même inférieur aux normes européennes), on pouvait avoir deux fois plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer.
    En décembre de la même année, la Direction Générale de la Santé (DGS) avait déjà saisi les agences de sécurité sanitaire afin d’évaluer les possibles effets néfastes de l’aluminium sur la population, notamment un éventuel lien avec la maladie d’Alzheimer. Et si, à l’époque, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS)(2) avait de son côté souligné dans un rapport publié en 2003 le manque de données pertinentes quant à l’absorption d’alumine par voie cutanée, elle n’a remis que partiellement en cause l’opinion de la DGS.

    Mais pas de preuve à ce jour

    Si aucune étude ne peut à ce jour prouver officiellement que le sel d’aluminium contenu dans l’eau du robinet peut causer la maladie d’Alzheimer, il semblerait toutefois que des résultats de certaines d’entre elles convergent. Ainsi, au-delà de 100 mg/l, l’eau potable deviendrait un co-facteur de la maladie d’Alzheimer. L’OMS estime pour sa part qu’entre 0,1 et 0,2 mg/l la présence de l’aluminium n’est pas dangereuse dans l’eau potable. Par ailleurs, il semblerait qu’en France ce taux soit très variable selon les régions et dépasserait régulièrement les 0,2.


    En 2008, le professeur Jean-François Dartigues, neurologue et spécialiste de santé publique à l’université de Bordeaux, a mené une étude épidémiologique sur 3 777 personnes âgées de plus de 65 ans.
    Le professeur et son équipe ont démontré que les consommateurs qui buvaient une eau du robinet contenant plus de 0,1 mg d’aluminium par litre couraient plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer que les autres. Pourtant, les pouvoirs publics ont conclu à l’époque qu’une seule étude ne constituait pas une preuve irréfutable selon laquelle la présence de sel d’alumimium dans l’eau favoriserait l’apparition et le développement de la maladie. Au vu du coût et de la nature compliquée de ce type de recherche, aucune étude complémentaire n’est venue corroborer les conclusions du Docteur Dartigue.
    Il y a donc aujourd’hui un sérieux doute sur la responsabilité de l’eau du robinet, dans la maladie d’Alzheimer, mais aucune preuve.


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