• Les pollutions de l’eau en France


    Rejets des collectivités locales

    L’assainissement réalisé par les collectivités locales est globalement insuffisant et peu fiable. Il se caractérise par des taux de collecte et de dépollution qui sont souvent trop faibles en fonctionnement normal, et donc a fortiori une très mauvaise prise en compte de la pollution par temps de pluie (les volumes à traiter pouvant augmenter considérablement). Une partie seulement de la pollution totale brute, tous paramètres confondus – matières oxydables, matières azotées, matières en suspension produites sur les zones de collecte (industriels raccordés compris), parvient, en moyenne, aux stations d’épuration, en raison des raccordements défectueux et de la fiabilité insuffisante des systèmes de collecte. Le rendement d’épuration global moyen est de 71 %, il en résulte un traitement réel de moins de la moitié de la pollution de temps sec produite. Pour la pollution azotée ou phosphorée, les résultats sont plus modestes que pour la pollution organique car peu de stations ont été conçues pour éliminer l’azote et encore moins le phosphore. Le rendement global moyen sur les matières azotées est de 34 %. Par temps de pluie, la pollution émise par les zones urbaines occasionne des désordres majeurs dans les milieux récepteurs, notamment en période estivale. Ceci est lié, d’une part, à l’imperméabilisation des sols et, d’autre part, au rejet d’eaux usées non traitées par les déversoirs d’orage. L’agglomération parisienne et les communes littorales sont concernées au premier chef.

    Rejets des industries

    La pollution brute produite par les industries est considérable ; les efforts de dépollution sont en proportion, mais la pollution nette résiduelle est encore importante. À la pollution organique vient s’ajouter la pollution toxique, plus insidieuse, et les risques de pollutions accidentelles. Les petits cours d’eau y sont très sensibles. Les rejets des ateliers de traitement de surface et de l’industrie chimique peuvent avoir des effets cumulatifs appréciables sur la qualité biologique des eaux de certaines rivières. L’industrie est souvent génératrice de déchets spéciaux dont l’élimination doit être réalisée dans des centres spécialisés (blanchisseries, garages…) si l’on veut éviter tout risque de contamination de l’eau et des milieux aquatiques. Certaines régions sont sous-équipées en de tels centres. La production d’électricité d’origine nucléaire engendre des rejets thermiques et chimiques (sulfates, métaux…) et la nécessité de retraiter les composés radioactifs au sein d’unités spéciales (La Hague).


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