• L'eau en Espagne, c'est chacun pour soi

    Pas un nuage, pas une goutte pendant des mois, et pourtant la tempête. Quatre années de sécheresse font des ravages non seulement dans l'écosystème, mais aussi dans le paysage politique espagnol. La "guerre de l'eau" qui s'est déclarée ces dernières semaines a opposé des régions, des provinces au sein des régions, les villes et les campagnes, les partis politiques et même des alliés politiques.


     La situation est telle que le responsable de l'environnement du gouvernement catalan, pourtant mécréant assumé, a été jusqu'à s'en remettre à la Vierge de Montserrat pour qu'elle fasse tomber la pluie.


    Car c'est Barcelone qui a donné l'alerte. La seconde ville espagnole risque de manquer d'eau après l'été. Faute de pluie et à cause d'une consommation en forte croissance, les rétentions du bassin hydrologique censé l'approvisionner, vertébré par les fleuves Ter et Llobregat, sont tombées à 20,5 % de leur capacité


     - le seuil d'alerte étant fixé à 20 %. Quelques jours de pluies abondantes, récemment, les ont fait remonter à 21,2 %, sans changer le fond du problème. Dans les régions méditerranéennes de l'Espagne, l'automne et l'hiver ont été les plus secs des soixante dernières années et les réserves font peine à voir. En Catalogne, il est déjà interdit d'arroser son jardin ou de laver sa voiture avec de l'eau potable. Cet automne, c'est la consommation des ménages eux-mêmes qui pourrait être restreinte.


    Devant l'apparente inertie du gouvernement catalan, les patrons et l'ensemble de l'important secteur touristique, redoutant les répercussions économiques de robinets à sec, ont commencé à réclamer des décisions politiques. Après avoir demandé à la population de consommer moins, les dirigeants catalans ont dû chercher des solutions d'urgence pour éviter des restrictions drastiques à partir de l'automne pour cinq millions et demi d'habitants.


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